Numéro 5 de « Vie de gauche »
Au mois de décembre 2008, les Guadeloupéens ont pris conscience que les prix des carburants ne baissaient pas alors que les cours du pétrole s’effondraient. Les syndicats de transporteurs se sont mobilisés pendant trois jours et ont obtenu une première baisse des prix. Cependant, les prix de l’essence n’étaient qu’un petit aspect des choses, et autour de la puissante organisation syndicale UGTG, se sont progressivement rassemblés organisations syndicales, associations et partis politiques pour constituer une plateforme de revendications globales contre la vie chère et les discriminations qui traversent la société
guadeloupéenne.
Le 20 janvier, un appel à la grève générale reconductible a été lancé à l’ensemble de la population. Le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon ou LKP (rassemblement contre tous les excès de profits), parvient depuis trois semaines à créer un rapport de force très favorable,
par des actions fortes : blocage des stations service, de la raffinerie, du port. Les établissements scolaires sont fermés, faute d’élèves. Le préfet a dans un premier temps réuni l’ensemble des acteurs pour négocier en présence des médias, donnant lieu à un véritable
moment de démocratie directe. Mais l’intervention de Paris a mis fin à ce processus et le secrétaire d’État à l’Outremer a décidé de se déplacer après deux semaines de conflit.
La mobilisation semble aller croissante, avec 50 000 personnes dans les rues de Basse Terre samedi 7 février. Le Medef local a fini par concéder une augmentation de 200 euros sur les bas salaires mais refuse de le financer. Les baisses de prix sur les produits de première
nécessité (10 % sur 100 produits) n’ont été obtenues que pour les hypermarchés. Une nouvelle baisse du prix des carburants de 11 centimes a été acquise. Dans ces négociations, seules les collectivités territoriales font de vraies propositions, l’État étant incapable
de proposer de véritables solutions.
L’État ne cherchet-il pas à se débarrasser de la région Guadeloupe au travers cette crise ? C’est ce que craint une partie de la population. L’Etat et le Medef répondent pour l’instant par des mesures de pacotilles qui ressemblent à un abandon des Guadeloupéens à leur sort.
Guillaume Marsault
Vie de Gauche n°5 (604,6 KiB, 5 hits)







