Numéro 8 de « Vie de gauche »
Pour ce gouvernement, le rapport de force est décidément un préalable au dialogue. Il aura ainsi fallu que l’ensemble de la communauté universitaire se mette en grève depuis début janvier pour qu’au bout de deux mois le trio Pécresse-Darcos-Sarkozy daigne enfin prendre langue avec les principaux acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les bloqueurs ne sont pas toujours ceux que l’on veut nous faire croire…
Si le gouvernement s’est autant arcbouté sur la réforme Pécresse, c’est qu’elle dépasse largement le seul cadre du statut des enseignants-chercheurs. La droite, guidée par la Commission européenne et le dogme de l’agenda de Lisbonne, voudrait nous imposer une vision marchande de l’enseignement supérieur. Après le LMD (Licence-Master-Doctorat), la loi « Libertés et responsabilités des universités » (LRU) votée à l’été 2007 est le nouveau cheval de Troie des néolibéraux pour affaiblir, autonomiser, mettre en concurrence puis au final privatiser le savoir. Le processus aujourd’hui à l’œuvre à l’université fait déjà des petits. La réforme Darcos du lycée devait ainsi être mise en place au moment même où la droite s’attaque à la formation et au statut des enseignants avec la «mastérisation ». La méthode est toujours la même : fragiliser les personnels avant de donner une plus grande autonomie aux établissements et aux proviseurs en particulier. Pire, le premier degré est en pôle position pour se voir imposer dès la prochaine rentrée des EPEP où le management primera sur la pédagogie.
La LRU doit donc être abrogée pour préserver et démocratiser l’enseignement supérieur, mais aussi pour mettre un coup d’arrêt aux mesures de casse sociale qui sont le fond de commerce de Sarkozy. Démasquée, la droite est mise sur le « reculoir ». Elle subit la force et la convergence des mobilisations. Les luttes pour l’éducation, de la maternelle à l’université, ne peuvent être dissociées de la colère sociale qui va s’exprimer une fois encore le 19 mars prochain. La droite veut nous imposer un projet de société dont la crise actuelle atteste une fois encore de la nocivité. Il faut y faire barrage là où se construisent à la fois l’individu et la conscience de la collectivité : au sein de l’École républicaine.
François Cocq, Secrétaire national à l’éducation.
Vie de Gauche n°8 (605,9 KiB, 6 hits)







