Revue de Presse du 22 avril 2009
La Dépêche du Midi
« Faire du Front de Gauche un Front populaire »
Élections européennes. Jean-Luc Mélanchon et Cathy Daguerre, têtes de liste du « Front de gauche » dans le Sud Ouest, rencontraient les militants hier soir à Decazeville et Figeac.
Entourées des militants locaux du Parti de Gauche et du Parti Communiste, les deux têtes de liste du « Front de gauche », Jean-Luc Mélanchon et Cathy Daguerre, passaient hier soir par Decazeville et Figeac. Parce qu’une « dynamique est en train de prendre », parce que le militantisme commence à s’organiser à travers les comités de base, les meneurs ont envie de « rencontrer leurs camarades ».
En ces temps de campagne électorale pour le prochain scrutin européen (7 juin), les deux meneurs appellent les électeurs. « Les deux grands partis que sont le PS et l’UMP ont intérêt à l’abstention : elle annulerait la signification politique du vote » commence Jean-Luc Mélanchon. À ces deux (grosses) entités qui ont voté « oui » au traité de Lisbonne, il rappelle qu’il n’est toujours pas adopté, puisque tous les pays doivent le ratifier. En attendant, lui (et son équipe) continue à se battre contre : « Notre position est claire, nous l’assumons ». Il reconnaît qu’il aurait préféré un « Front de gauche plus large » que celle qui ne rassemble que le parti de gauche et le parti communiste. « Tout a été fait pour que chacun (Alternatifs, le MRC de M. Chevènement, le NPA de M. Besancenot) y trouve sa place ». Il veut croire que cette unité de combat est encore possible.
«LE PS N’EST PAS UN ENNEMI»
«Évidemment que nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais peu importe : nous n’avons pas envie d’une fusion des partis ! Mais ça n’empêche pas de partager un fond commun: changer l’Europe. Le NPA souhaitait évoquer déjà les élections régionales : ce n’est pas le sujet. Notre objectif c’est de faire du front de gauche, un front populaire. Et un certain nombre de militants NPA ou MRC nous ont rejoints dans cette démarche. Pour nous, il n’est pas question de désigner une partie de la gauche (le PS en l’occurrence) comme un ennemi. Nous avons besoin les uns des autres ». Cathy Daguerre est encore plus ferme et considère le refus du NPA de participer ensemble à l’élection comme « une faute. Nous avons tous envie de construire l’Europe sur des bases de gauche. La première chose à faire, c’est de reconstruire la gauche. Plus le front de gauche sera large, plus nos chances seront importantes. Et il est d’autant plus regrettable de ne pas parvenir à nous rassembler aujourd’hui que nos divergences ne sont pas énormes ».
Hervé Boucleinville
J.-Luc Mélenchon pour «une autre Europe»
Européennes. Avant son meeting de campagne, vendredi, à Creissels.
À moins de quarante-huit heures de son meeting aveyronnais, vendredi soir à Creissels, Jean-Luc Mélenchon, joint par téléphone, monte au créneau pour défendre «une autre Europe». C’est presque sous silence que ces élections européennes du 7 juin prochain s’ouvrent dans la plupart des partis politiques. Pour le Front de gauche constitué dans le Sud-Ouest avec pour tête de liste Jean-Luc Mélenchon, il n’en va pas de même. «Le « non » l’a emporté en 2005. Malgré cela, la France a ratifié le traité de Lisbonne. C’est une forfaiture! Le vote du peuple français a été trahi! Le 7 juin prochain, il faut voter comme pour dire « non, c’est non, nous voulons changer d’Europe! »». Et c’est cela que le leader de cette nouvelle gauche veut rappeler aux électeurs du sud Aveyron. Un meeting d’autant plus important qu’il se situe dans le fief même du charismatique José Bové qui a fait alliance pour ces européennes avec Cohn-Ben-dit. «C’est le mariage de la carpe et du lapin. Je suis très déçu car j’ai de l’affection et du respect pour José Bové. Là, il s’est égaré. Je demande aux électeurs de gauche de ne pas encourager les listes qui trichent sur la question du traité de Lisbonne et de l’Europe libérale. Plus encore quand ils sont partisans de l’alliance au centre comme Cohn-Bendit! Europe écologie et le PS ont des qualités, c’est sûr. Mais là ils avancent masqués! Moi je suis clair. À la fois clairement de gauche, unitaire et contre le traité de Lisbonne», précise Jean-Luc Mélenchon qui sera à la tribune ce vendredi avec Christian Picquet, représentant de la tendance unitaire du NPA, et Cathy Daguerre et Francis Wurtz, du PCF.
Il n’en est pas moins tendre pour le PS qu’il a quitté pour «affirmer des valeurs de gauche» et fonder le Parti de gauche il y a quelques mois. Et lorsque l’on lui demande: « Où est votre place entre le PS qui assume une orientation de centre-gauche et l’extrême gauche?», la réponse est claire: «Précisément, une gauche à vocation gouvernementale .qui s*e prépare à gouverner et à rompre avec le système comme le font actuellement les gouvernements de la révolution démocratique en Amérique latine! Nous avons créé le Front de gauche, pour sortir du cercle vicieux qui nous enferme entre la gauche qui capitule et celle qui s’isole dans la minorité permanente», assure la tête de liste qui promet dans sa campagne et en particulier en Aveyron, «terre de luttes», ne pas faire de concession au libéralisme ambiant et promu par le traité de Lisbonne.
J.-Cl. Vidal
Centre Presse et Midi Libre du 22 avril 2009
Européennes : J.-L Mélenchon explique l’importance du vote
La tête de liste était hier en ville à la rencontre de militants.
UNE PAIRE D’HEURES seulement avant de tenir meeting dans l’Espace François-Mitterand de Figeac, Jean-Luc Mélenchon, le sénateur, tête de liste pour la région Sud-Ouest aux prochaines élections européennes, a fait une courte étape à Decazeville où ses camarades du Front de Gauche avaient organisé une petite réunion en présence de quelques militants. Jean-Luc Mélenchon qui connaît très bien le Bassin, pour y être souvent venu lors des batailles pour la sauvegarde des services publics, était accompagné de Cathy Daguerre, du Parti communiste et il s’est visiblement félicité de l’accueil qu’il a reçu, mais surtout de l’accueil et de l’espoir que sa démarche rencontrait auprès de la population locale. Au cours de la discussion, les deux candidats ont rappelé « quelques bonnes raisons susceptibles d’inciter les électeurs ci aller voter le 7 juin prochain ». La première concerne l’enjeu du scrutin « quoiqu’en disent ou omettent de dire certains », puisque peu ou prou 80 % des dispositions législatives ou réglementaires adoptées en France résultent directement de directives européennes. La seconde se résume dans la formule : « sanctionner l’Europe libérale et sanctionner la politique de Sarkozy » ; la troisième consiste à « redonner de l’espoir », car le refondement de la gauche en son entier pourrait bien dépendre de ce vote et des résultats obtenus par le Front de gauche. Le 28 avril, ce dernier tiendra une nouvelle réunion à l’immeuble Cayrol.






