500 personnes pour la défense des services publics
Environ 500 personnes ont défilé, hier après-midi, dans les rues de Rodez, sous la bannière des défenseurs des services publics. En Aveyron, l’appel national de cette première journée de mobilisation de 2010, a été essentiellement relayé dans l’Éducation Nationale où, de source syndicale, la grève a été suivie par 50 % des enseignants du primaire, 30 % du secondaire (l’inspection académique donnait une estimation officielle de 26,39 %, premier et second degrés confondus).
« L’école n’est pas un coût, c’est un investissement. » Regroupés derrière ce slogan, des parents d’élèves de l’école de Pruines-Mouret font entendre leurs voix. Ils réclament un poste supplémentaire. « En 2002, il y avait 28 élèves et deux instituteurs. Il y a aujourd’hui 50 élèves, mais il n’y a toujours que deux postes, la limite administrative pour l’ouverture d’un troisième poste étant de 51, explique Stéphane, parent de deux enfants. Cinq petits de moins de trois ans ont été refusés et sont sur une liste d’attente. Et à la rentrée prochaine d’autres enfants vont s’ajouter. » Nobelia et Virginie sont de la manif pour les mêmes raisons. « Mais au-delà du problème de notre école, nous sommes aussi là pour la défense plus générale du service public d’éducation », précisent-elles. « Les gens se posent beaucoup de questions pour l’avenir » , souligne Jean-Luc, un employé territorial cransacois. « Personne n’est épargné, dans tous les services publics on perd des emplois » , commente, à son tour, le nouveau secrétaire départemental de la CGT, David Gistau. Dans le cortège, les employés des haras ont eux aussi déployé une banderole. Sylvia est en formation à l’IFUM de Rodez. Elle est venue exprimer ses inquiétudes concernant le nouveau système de formation des professeurs d’écoles, qui va se traduire notamment par la disparition des stages pratiques. Les enseignants du collectif ruthénois des lycées Foch et Monteil sont, comme ils l’avaient promis, du cortège. Professeur de physique à Foch, Sandrine déplore la remise en cause des travaux pratiques et craint que la réforme des lycées ne provoque des inégalités entre établissements.
Dans l’ombre glaciale de la cathédrale, le conseiller régional du Front de gauche, Guilhem Serieys, délivre un message plus politique : « Moins d’État, moins de service public, toujours plus pour les riches… Il faut que la gauche politique s’oppose frontalement pour redonner espoir aux gens, observe le jeune élu, avant d’adresser une banderille au parti socialiste : Je me demande bien quelle mouche a piqué le PS pour jeter par-dessus bord, la retraite à 60 ans ! » A droite comme à gauche, le débat ne fait que commencer …
Joël BORN






