Numéro 42 de « Vie de gauche »

Le 13 janvier, le PG avait manifesté à Amiens pour les

Je vous l’avais annoncé : verdict le 5 février. Ce vendredi, aussi dignes qu’ils l’ont toujours été depuis le début de leur combat le 11 mars 2009, Xavier Mathieu et les cinq autres inculpés sont ressortis du tribunal les poings levés, sous les cris de joie et les acclamations des syndicalistes, des militants et des partis politiques qui étaient venus les soutenir.

Certes ce n’est pas la relaxe tant attendue mais le juge n’a pas suivi la peine requise en première instance par l’avocat général, c’est-à-dire de la prison avec sursis. Les six prévenus ont été condamnés à des amendes allant de 2 000 à 4 000 €. Fatigués, mais heureux et soulagés, ils n’ont plus qu’un désir, « que la justice leur foute la paix ». Mais avant cela, il faudra poursuivre la lutte, l’Etat continuant à réclamer des dommages et intérêts pour le saccage du matériel (à ce jour, la sous-préfecture est toujours dans l’incapacité de fournir un devis évaluant les préjudices causés dans ses locaux). Pour Jean-Luc Mélenchon, témoin de moralité lors du procès du 13 janvier dernier, « la semi victoire des Conti est quand même une grosse défaite des plaignants ! »

Après ces mois de luttes, l’avenir ne s’annonce pas vraiment plus serein. Il ne faut pas oublier que derrière cet apaisement apparent, il y a maintenant 1 120 salariés et leur famille pour qui rien ne sera plus jamais comme avant. Dans une région où l’industrie a déjà payé lourdement les effets de la concurrence libre et non faussée sous forme de délocalisations, la pénurie d’emploi est importante et trouver un travail réclame un véritable parcours du combattant. Mais on peut leur faire confiance, le combat, ils connaissent les Conti !

Ce vendredi, tout en évoquant les difficultés qui s’annoncent pour eux, Xavier Mathieu a appelé les « 25 millions de salariés » de France à ne pas se laisser faire, à s’unir contre ce gouvernement et à s’organiser contre ces patrons voyous pour qui l’homme n’est qu’une simple variable d’ajustement. « Seuls nous ne pouvons rien a-t-il conclu. Unis, nous pouvons tous gagner. Nous sommes plus nombreux qu’eux. Préparez vous, nous devons être présents partout dans les luttes qui s’annoncent, dans le combat pour les retraites, pour soutenir les salariés de GoodYear, pour s’opposer à la fermeture des raffineries Total, et tant d’autres conflits sociaux ! Je vous promets que l’on répondra présents, que l’on sera de toutes les luttes comme vous avez su l’être pour nous ! »

Laurence Sauvage
Parti de gauche 62

Vie de Gauche n°42 (pdf, 661 Ko)

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