Les français sont lassés. Prenant, s’il en fallait encore, davantage d’écart avec la politique. Bien au contraire, cette attitude de rejet n’arrangera en rien la situation, pas plus aujourd’hui que demain.
Loin de répondre aux enjeux de société, le PS se demande comment sortir la tête de l’eau, garder son pouvoir et retrouver une crédibilité en berne. La droite éructe et l’extrême-droite fait le dos rond. Atteinte d’amnésie partielle, l’UMP enfonce le clou, espérant redorer un blason terni par son mandat précédent, congédiée pourtant par les français. La présidente du FN s’empêtre dans des explications alambiquées sur ses relations avec « l’affaire ». Si pour certains le doute subsistait, l’actualité remet les pendules à l’heure. C’est tout ce trio (PS, UMP et FN) qui est touché de plein fouet par ce scandale politico-financier. Quelle incroyable révélation pour une majorité de français !
Avec cette histoire, la politique n’en sortira pas indemne. Elle sera entachée, trahie par un système qui ne respecte plus aucune valeur, détruit des hommes et des femmes qui subissent d’incessants reculs au quotidien. La solution passera par l’urgence de redonner de la hauteur à la politique, tout en souhaitant que les considérations spéculatives des uns ne servent pas les intérêts des autres.
Et puis, pourquoi ne serait-ce pas un coup monté, habile certes, pour décrédibiliser la classe politique dans son ensemble ? A qui bénéficierait le crime ? Au système bien sûr ! Qu’il se pare de rose, de bleu ou d’un bleu marine, l’important pour lui est de préserver ses privilèges arrachés sur le dos des salarié(e)s, d’une jeunesse à l’avenir hypothéqué, de retraités paupérisés et de privés d’emploi sans droits.
Les stratèges du trio ont pu – dû ? – envisager la chose, chacun de leur côté, l’objectif fixé étant de sauver la finance et les banques. L’austérité est une obligation pour toute l’Europe afin d’inscrire dans la durée leurs intérêts et leurs privilèges.
Ils ne sont pas stupides et doivent agir vite car un adversaire existe, il a un nom : Front de Gauche. Et le voir, malgré les coups portés, gagner en crédibilité et s’enraciner – lentement mais sûrement – dans toutes les couches sociales leur est insupportable.
Cette société de consommation va inévitablement peser sur notre mode de vie. Elle n’a que faire du dérèglement climatique, de ses conséquences pour l’Humanité et la planète. Seuls comptent les milliards € entassés dans les paradis fiscaux et les banques.
Les médias et les sondages vont s’en donner à cœur-joie. L’objectif n’est pas d’aider les français à la réflexion mais de surfer à la surface des événements pour les éloigner un bon bout de temps de la politique. Il y a urgence car d’importantes échéances approchent, et ça marche ! Selon un panel représentatif de la population interrogé le 7 avril par l’institut Opinionway, 77% trouve les élus corrompus et 33 % demande la dissolution de l’Assemblée Nationale. 60% se tournerait vers le FN alors que seulement 21% le ferait vers le Front de Gauche. Pour la politique, l’intérêt des français est tombé à 9%. Le mot dégoût est le premier sentiment que ce mot leur inspire. Comment les en blâmer ?
Que dire de ces politologues, connus mais non reconnus, qui font le lit, la poussière et la lessive du parti de Me Le Pen. Quand leur seule inquiétude est de savoir si cette affaire va lui profiter ? Avec la grande majorité des médias, ils concourent à faire grimper une illégitime influence. Le système préfère voir l’extrême droite s’emparer du pouvoir que le Front de Gauche. Cela a le mérite d’être clair !
Ce trio s’inquiète à raison. Regardons de plus près ce qui se passe en Europe, et notamment en Grèce. Syriza, – le Front de Gauche grec –, est devenu premier parti politique. Il combat farouchement la corruption et l’austérité, deux maux terribles qui asphyxient le pays.
Faire une politique contraire aux intérêts et aspirations des peuples touche à sa fin. Ce tiercé perdant, dernier rempart, en est bien conscient et livre toutes ses forces dans la bataille. Il est grand temps de donner un bon coup de pied dans la fourmilière et de mettre à la gestion des pays de la communauté Européenne en général, et en France en particulier, des hommes et des femmes qui n’ont pas peur d’affronter la finance, au lieu de lui dérouler le tapis rouge comme le font actuellement tous les autres.
Maximilien Robespierre a donné le chemin à suivre en 1793 : «Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs ». Il faut alors déjouer les pronostics en investissant la politique, en prenant parti. Adhérer au Parti de Gauche est l’une des clés pour construire un autre avenir pour l’Humanité, dans le respect de notre planète et des règnes végétal, animal ou minéral qui sont vitaux pour notre survie.
Georges Andrieux